L’ensemble des mouvements que propose la première série de l’Ashtanga Vinyasa Yoga consiste essentiellement en une combinaison de flexions avant et de rotation de hanches.
Les « salutations au soleil » introduisent les séries. Elles proposent une alternance de mouvements vers le haut et vers le bas.
Le haut indique le ciel et le bas la terre.
En termes spirituels, le ciel est le lieu de ma pensée clarifiée et libre tandis que le bas image plutôt le lieu des illusions et du conditionnement.
Cet aller-retour, trajet symbolique, indique au pratiquant le sens de son cheminement.
Depuis les enfers de la confusion jusqu’au ciel de la pensée claire, l’itinéraire est annoncé.
La séquence des postures debout est fondamentale et commune à toutes les séries.
La base de cette séquence consiste essentiellement à placer ses pieds de manière ordonnée.
Pourquoi ?
Dans le symbolisme du corps, les pieds traduisent l’idée de racine mais aussi celle du mouvement.
Le placement conscient des pieds permet de stabiliser la posture et lui donne une direction claire dans l’espace et le mouvement.

Ces qualités sont des attributs de la posture qui trouvent un parallèle direct dans le fonctionnement de notre esprit.
En effet, l’esprit conditionné n’interroge pas les mécanismes de sa réflexion. Au lieu de cela, il produit des opinions personnelles qu’il substitue au réel à partir de croyances acquises depuis toujours.
Le premier pas consiste à interroger à partir de quoi se fonde notre réflexion. Non pas ce que nous pensons mais à partir de quels éléments se fondent notre réflexion.
En effet, nos croyances concernent tous les domaines de la vie (études, pratique, famille, travail …) et notre rapport au monde leur est directement lié.
Interroger ce que nous prenons pour vrai consiste à réorganiser intérieurement sa réflexion.
Dans la pratique, cela prend une forme concrète. Placer ses pieds de manière ordonnée requiert de revenir à une base, à vérifier et à réajuster. Il ne s’agit plus de se mouvoir dans l’espace spontanément selon des schémas automatiques.
Il s’agit de marquer une rupture avec ce fonctionnement en revenant au fondement du mouvement dans le but d’éclairer toute une mécanique corporelle inconsciente.

champ de bataille
La matière, le bas ou le sol symbolisent notre identification à nos croyances, nos illusions et nos attachements. Bien que “simples” les placement de pieds sont parfois difficiles à intégrer.
En effet, comme l’illustre si bien Arjuna sur le champ de bataille, une part de nous hésite à transformer ce qui nous constitue. L’esprit conditionné ne voulant pas disparaître, il cherche à se maintenir et préfère reproduire et protéger ce qui lui est familier.
Les bases étant posées, allons vers la suite…
Partie 2 – à venir
Pour ce texte, je me suis inspirée des ouvrages d’Arnaud Kancel, Le monde spirituel & les Sutras de Patanjali décryptés, de l’ouvrage Le symbolisme du corps humain de Annick de Souzenelle ainsi que de La baghavad Gita aux éditions Poche.



