Compréhension des éléments de la pratique : La séquence assise
Après avoir abordé la séquence des postures debout, voyons maintenant la séquence des postures assises et son sens.
D’un point de vue postural, les appuis au sol sont maintenant plus conséquents.
La séquence assise invite à initier le mouvement de plus en plus à partir du centre du corps : ralentir la tête et le haut du corps au profit de la mobilisation du bassin.
Dans les flexions avant, nous plongeons souvent tête la première avec les épaules dans les oreilles, en tirant excessivement sur le bas du dos.
Cette action est spontanée :

Il est difficile de se défaire de cette façon de faire pour créer une véritable extension. La technique invite à revenir sous le nombril et à solliciter en chaîne le bassin, la taille, la poitrine puis l’extension de la nuque en dernière intention :

Comme dans la vie quotidienne, nous agissons tête baissée, par actions-réactions sans véritablement interroger nos réponses et nos mécanismes.
“ Oui mais moi, je …” tient alors lieu d’explication. Nos ressentis font loi et prennent la place d’une recherche de vérité.
L’esprit conditionné est alors tenté de se défendre pour exprimer son droit à la spontanéité. Or, il ne s’agit pas de moraliser un comportement mais de l’éclairer pour le comprendre.
D’un point de vue symbolique, la recherche du centre du corps est une allégorie de la connaissance de soi.
Spirituellement, cela signifie d’identifier les projections qui biaisent l’expérience directe de la réalité.
Dandasana :
En assise, les noms des postures pointent différents symboles. Ils font parfois référence
- à des figures mythologiques : Kurmasana : la tortue du mythe fondateur indien, le sage Marichy en Marichyasana)
- à des symboles ( Garbha pindasana : l’embryon, Navasana : le bateau )
- à des directions ( l’est et l’ouest dans différentes poses ).
Ces noms ne sont pas neutres et sont des supports de réflexion quand on cherche du sens.
Arrêtons nous par exemple sur Dandasana “ le bâton”, posture fondamentale dans laquelle nous revenons après chaque postures assises.

Dans cette posture, nous sommes assis jambes tendues devant soi. Les mains au sol de chaque côté des hanches et la colonne vertébrale est relevée. La traduction du nom de cette posture est « le bâton ».
Le bâton ?

Hautement spirituel, le bâton incarne justement la marche et le cheminement.
À travers différentes traditions, il est un instrument qui soutient les personnages de l’ombre dans leur exercice du pouvoir.
Dans les textes chrétiens, bâton et verge sont synonymes et sont les symboles du pouvoir suprême comme peut l’être le lingam dans la tradition indienne.
Ce pouvoir dont il est question ne doit pas nous entraîner vers un imaginaire folklorique et new age mais doit nous rappeler à cette évidence :
Nous (seuls) créons notre vie. Maintenant.

Grâce à la réflexion, nous pouvons réaliser l’impact des influences non choisies dans nos existences qui s’imposent de manière inconsciente.
De manière imagée, apprendre à se redresser dans les assises, c‘est réaliser son pouvoir et agir à partir de soi.
Notons que le bassin est littéralement le lieu des os sacrés et le berceau des fonctions créatrices.
La pratique est un miroir tendu.
Moins pour que l’on s’y regarde que pour que l’on s’y réfléchisse à la lumière de ce que l’enseignement nomme et montre.
L’enseignement est répété.
La répétition est une technique, elle est aussi comme toute technique un message à comprendre.



